23.10.2015. Conférence du Balai Citoyen à Porrentruy

La conférence du mouvement Balai Citoyen organisée à Porrentruy par la FICD et Monde de Couleurs s'est déroulée le vendredi 23 octobre 2015. Le texte ci-dessous est une opinion personnelle sur le déroulement de cette soirée.

Nul doute. Sans ma rencontre avec mon ami Barthélémy Sam, je ne me serais pas vraiment intéressé au soulèvement populaire burkinabè d’octobre 2014, ma curiosité ne m’aurait pas incité à suivre attentivement l’évolution des actions du mouvement Balai Citoyen, mon attention n’aurait pas été captivée par le (prévisible) coup d’Etat de septembre dernier. Les médias occidentaux n’en n’ayant pas fait une Une particulièrement visible et attractive.

En conférence hier à Porrentruy, « l’internationale des fouteurs de merde », comme se surnomment eux-mêmes les têtes d’affiches du Balai Citoyen, s’est montrée à la fois incisive et conciliante. Deux heures de courage et d’humilité. Des artistes engagés, une espèce en voie d’extinction sous nos latitudes, dont « l’éveil massif de la population devient l’unique arme pour lutter contre les dérives des élites ». Deux heures de questions-réponses qui mettent en exergue les fautes d’une colonisation puis d’une indépendance que l’on nous a vendu comme une aubaine. Alors que « L’indépendance ne se donne pas, elle se prend. »

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La roquette qui a détruit le studio du rappeur Smockey ne stoppe pas l’énergie de ces hommes. Leur détermination renverse tous les obstacles : « L’éducation de la jeunesse est une priorité. L'ignorance nous maintient dans la soumission. »

La veille attentive par l’utilisation des nouvelles technologies, malgré des conditions cadres compliquées (coupure d’électricité), est salutaire. « La surveillance doit être active et rapide. Grâce aux téléphones portables et à Internet, dès l’annonce du coup d’Etat, nous étions mobilisés en moins d’une heure. »

Le Balai Citoyen est un mouvement politique mais qui n’a pas vocation à exercer une responsabilité politique « En revanche, nous travaillons pour que la jeunesse s’implique dans la politique pour avoir de bons candidats dans les années à venir. » Hier soir, l’Afrique était « cash », décomplexée, habilement rebelle et insolente. Le gout pour la poésie et le maniement des mots par ces artistes est précieux. J’en retiens une interrogation : « N’existe-t-il pas un mot plus joli que ‘aide’. Ne pourrions-nous pas remplacer le terme ‘Aide au développement’ par ‘Solidarité au développement’ ? ».

Bruce Rennes

 

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