Une passerelle entre les bénévoles de l’humanitaire et les enjeux internationaux

Le 25 septembre, lors d’une réunion au sommet qui s’est tenue à New York, plus de 150 chefs d’Etat et de gouvernement ont adopté l'Agenda 2030 de développement durable. Une grand-messe qui a défini 17 objectifs à atteindre entre 2016 et 2030. Loin des petits fours et autres mondanités, l’intégration de ces aspirations, parfois très abstraites, dans les projets de développement menés par les petites ONG’s de notre région est un véritable casse-tête. La Fédération interjurassienne de coopération et de développement propose un atelier qui lie projets humanitaires et enjeux internationaux.

Les bénévoles du Jura et du Jura bernois qui interviennent dans la coopération et le développement réalisent un travail admirable. En effet, les projets d’aide aux pays du Sud se multiplient : construction d’écoles, mise en place d’adduction d’eau, soutien à un orphelinat ou à un hôpital, pour ne citer que quelques exemples. Ils sont d’ailleurs régulièrement présentés dans les médias.

La genèse de ces actions réside fréquemment dans un coup de cœur, éprouvé lors d’une rencontre à l’occasion d’un voyage au Sud. Ensuite, mu par sa bonne volonté, le bénévole se lance corps et âme dans son projet. A ce stade, il est important de procéder à une bonne analyse du contexte et de l’environnement local, ce que les associations avisées ne manquent pas de réaliser. Mais force est de constater que, bien souvent, il est difficile d’ancrer la conception de son projet de développement dans la stratégie des enjeux internationaux, tels que les objectifs du développement durable par exemple.

Apprendre de 60 ans de coopération et de développement

Comment faire exister son action humanitaire dans un contexte de réductions budgétaires, d’exigences toujours plus pointues en termes de résultats et de mondialisation des enjeux de développement ?

Tout projet, quel que soit son origine, s’inscrit dans 60 ans d’histoire. Celle de la coopération au développement a subi différentes phases d’évolution progressives depuis la fin de la seconde guerre mondiale, tant au niveau des buts poursuivis que des intentions de ses acteurs. Les principales lignes directrices des institutions internationales ont progressivement évolué de la modernisation des infrastructures locales et de la satisfaction des besoins fondamentaux à une stratégie adoptée en l’an 2000 par les 189 États Membres de la Déclaration du Millénaire, dans laquelle ont été énoncés les huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) visant à réduire de moitié la pauvreté entre 2000 et 2015. En effet, les trois premières décennies de l’aide au développement ont été marquées par des mesures d’injection de capitaux, sans se préoccuper de résultats durables pour les populations. Endettement, déséquilibre des relations commerciales, déstabilisation politique ou exploitation abusive de l’environnement sont quelques-unes des conséquences néfastes de ces injections de capitaux pour les pays soutenus. Les années nonante ont marqué un tournant, avec le concept de développement durable. Dorénavant, tout projet de coopération doit être mené de manière participative, c'est-à-dire que les bénéficiaires du projet et les autorités locales doivent être associés à toutes les phases du projet, de sa conception à sa mise en œuvre, dans un partenariat responsable. « Aider à s’aider soi-même », autonomisation ou renforcement de l’Empowerment, deviennent incontournables dans la conception d’un projet de développement.

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Comment tisser des liens cohérents entre les projets menés par des associations bénévoles, ici dans le Moyen Atlas au Maroc, et les grandes conférences mondiales consacrées aux enjeux internationaux du développement ?

Etablir un lien entre les initiatives locales et les enjeux internationaux

C’est sur la base de ce rappel historique, enrichi des nouveaux Objectifs du Développement Durable, que la Fédération interjurassienne de coopération et de développement (FICD) organise un atelier intitulé « Les enjeux actuels du développement ». Cette journée sera animée par Denis Cattin - président de la Commission technique de la FICD, collaborateur scientifique au sein de la HES-SO, ancien coopérant volontaire au Pérou, puis secrétaire de la Plateforme UNITE -, et Reto Gmünder - consultant en développement, ancien Secrétaire général de Pain pour le prochain et spécialiste en gestion de projets.

Il s’agira, à la fin de l’atelier, de comprendre les enjeux mondiaux du développement et les différents aspects du développement durable, afin d’optimiser la mise en œuvre des projets sur le terrain et d’en assurer la viabilité. Une connaissance indispensable à la pertinence de son intervention, pour le plus grand bénéfice des populations du Sud.


Pour en savoir plus. ATELIER FICD. « Les enjeux du développement » Samedi 28 novembre 2015 / 09h-16h. HES SO, Rue de la Jeunesse 1, Delémont. Animation : Denis Cattin et Reto Gmünder. Délai d’inscription : lundi 21 novembre 2015. Prix : 50 CHF + 15 CHF de frais de repas. Détail de la journée et inscription sur www.ficd.ch ou par téléphone : 032 483 10 75.